Entre France et Italie, une vallée obtient une première victoire contre les camions

Par AFP

La vallée franco-italienne de la Roya a obtenu mercredi une première victoire contre les camions, avec une décision du tribunal administratif de Nice rejetant une requête de la préfecture contre des arrêtés interdisant la circulation des 19 tonnes sur une route panoramique et sinueuse.

Ces arrêtés d’interdiction, pris le 1er septembre par les maires de cinq communes (Breil-Sur-Roya, Fontan, Saorge, La Brigue et Tende), étaient contestés devant le tribunal par la préfecture des Alpes-Maritimes, qui avait déjà fait annuler en juillet un arrêté similaire des deux communes directement sur le passage de la fameuse RD 6204.

«On a gagné, on est très content et cela veut dire que l’arrêté reste en vigueur», a indiqué à l’AFP Me Joël Blumenkranz, à l’issue de cette procédure en référé-suspension.

L’arrêté pourrait toutefois être annulé par le juge du fond ou contesté en appel, mais pas avant plusieurs mois. Un répit pour la vallée qui conduit à la célèbre vallée des Merveilles et à l’Italie via le tunnel de Tende, lui-même en passe d’être agrandi d’ici 2020.

Une fois n’est pas coutume, la Roya, par ailleurs divisée au sujet des migrants, avait fait l’union sacrée pour empêcher les camions de passer sur ces 100 kilomètres de route panoramique étroite et sinueuse, datant de l’époque des diligences.

Une soixantaine de personnes avaient fait le déplacement pour assister à l’audience mardi, des maires sans étiquette au maire LR de Menton Jean-Claude Guibal, en passant par la députée LREM Alexandra Valetta-Ardisson, ou le militant Cédric Herrou, défenseur des migrants et bête noire de la droite locale.

Me Blumenkranz avait argué de «la taille impressionnante de ces camions, parfois des tracteurs-articulés avec d’énormes bahuts», «leur tendance (à la descente vers Vintimille) à prendre la totalité de la chaussée pour éviter les chutes de pierre» et l’existence d’un itinéraire bis par l’autoroute, ajoutant 20 euros de péage et «39 minutes de plus» aux 2h03 de parcours entre Vintimille et Cuneo.

Intervenant pour la fédération italienne des transporteurs Astra Cuneo et le cimentier italien Buzzi Unicem, Me Sylvain Salles a provoqué un éclat de rire général en affirmant qu’il n’y avait que quatre poids lourds par jour sur la route. Il s’était plaint des kilomètres en plus (+64%) généré par l’itinéraire par autoroute.

Les transporteurs routiers des Alpes-Maritimes, la FNTR 06, s’étaient cependant solidarisés avec la Roya et avaient calculé que le surcoût du trajet par autoroute se limitait à 78 euros, soit 0,09 centimes par kilo de ciment, avec un gain en terme de sécurité des chauffeurs et des riverains.

http://www.liberation.fr/societe/2017/11/08/entre-france-et-italie-une-vallee-obtient-une-premiere-victoire-contre-les-camions_1608752

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